Son exploit est décrit durant des années dans tous les journaux, à travers le monde... c'est la gloire, une gloire qui lui permet en 1928 d'acheter à Digne Samten Dzong, sa forteresse de méditation où elle écrira une grande partie de son oeuvre en compagnie de Yongden. Celui-ci devient légalement son fils adoptif. Alexandra qui ne voulait pas d'enfant imposé par la nature a choisi le sien...
Alexandra David-Néel écrira :
"Tous ceux de la génération de mes parents ont disparu, et parmi la mienne, il y a bien des vides... Pourquoi vient-on sur cette terre si c'est pour s'en aller ainsi? Et chose curieuse, il y a des gens qui veulent mettre des enfants au monde pour leur infliger la souffrance de devenir vieux et de mourir... Cela me parait une idée bien féroce!"
Revenant de Lhassa, les deux compagnons de voyage louent une maison sur les hauteurs de Toulon et Alexandra désire posséder sa propre demeure, au soleil et sans voisin, ce sont là ses exigeances. C'est ainsi qu'une agence de Marseille lui propose Digne, dans les Basses Alpes, rebaptisées plus tard « Alpes de haute provence »!
Samten dzong est au début une bien modeste maison provençale qu'elle se dépêche d'agrandir afin d'y conserver ses nombreuses malles ainsi que tous ses souvenirs de voyage et les quelque 500 manuscrits tibétains qui lui permettront d'asseoir ses connaissances. Certes, ces petites montagnes ne ressemblent en rien à l'Everest, mais le ciel est bleu et le soleil brille. Alexandra est séduite par la beauté de ces pré-alpes, ces himalayas pour lilliputiens, comme elle se plaît à le dire aux journalistes.